27/01/2026

Nommer mes tableaux

My Kingdom

Lorsque l’on créé une œuvre, que ce soit lors de sa conception ou de sa réalisation, il y a toujours une petite voix qui vous trotte dans la tête, pour nous dire « Comment tu vas l’appeler celui-là ? ». Il y a des artistes plasticiens qui réfléchissent au sujet pendant des heures, d’autres qui ne s’ennuient pas avec leur « toile #36 ». Je fais plus partie de la première catégorie, mais au début je trouvais que mes titres de tableaux sonnaient creux et puis j’ai eu une idée….

Je vous explique.

Il faut savoir qu’avant la démocratisation de la musique en streaming, avec leur pochette taille timbre-poste et des CD de 12 cm de côté, le marché de la musique était dominé par le bon vieux vinyle également nommé 30 cm, ou 33 Tours. Celui ci revient avec grand bonheur dans nos bacs parce que les audiophiles savaient que le théorème de Nyquist-Shannon ne faisait pas seulement qu’améliorer le rapport signal bruit, et débarrassait des craquements mais avait une fâcheuse tendance à dénaturer un peu le son en le rendant plus « froid ». Ce qui a tendance à froisser le puriste dont je fais partie mais je m’égare. D’ailleurs devinette rigolote ! Combien de sillons sont gravés dans un 33T ? je vous laisse chercher.

Donc avant d’être interrompu par moi-même, je disais que le vinyle dominait le marché et que les musiciens se cassaient la tête à chercher une pochette identifiable entre toutes. On a vu apparaitre des albums avec des pochettes géniales réalisées par des artistes qui ne l’étaient pas moins.  Certains créaient pour l’album d’autres captaient une œuvre déjà existante.

Et parmi ceux-là, ma première claque a été la pochette d’» Oxygène » de Jean Michel Jarre réalisée par Michel Granger. Je trouvais cela sublime et cela a perduré pendant des années. Je suis resté un fan absolu de son travail et de ses couleurs.

 

Mais au-delà de cela, cette pochette a eu un impact sur moi dans le sens ou l’art graphique a rejoint la musique. Ce qui est une vérité dans le sens où l’on dit qu’ »une collection de vinyle est la galerie d’art du pauvre ».

J’ai découvert par la suite Hipgnosis, qui a sévit de longues années chez bien des artistes qui a eux même ont eu un impact sur mon audition.

Bref, pour moi l’art graphique est indissociable à la musique.

Un jour je me suis dit « mais si un titre de musique est indissociable d’une pochette, pourquoi ne ferais-je pas l’inverse ? 

J’ai donc décidé pour toutes mes réalisations de les identifier par un titre de musique qui pouvait avoir un rapport (parfois trrèèèès éloigné) avec l’œuvre. Cela présente plusieurs avantages à mes yeux comme de montrer mes influences musicales au spectateur, d’éviter d’inventer des titres foireux, de permettre le rapprochement entre l’œuvre et son titre. Et, il faut bien l’avouer, je serai mort avant d’être à court de possibilités ! 

Pour cela, si vous constatez que le titre d’un tableau vous dit quelque chose c’est normal ! Il n’y a pas de plagiat, je ne créé pas de tableau à partir du thème de la chanson et encore moins du design de la pochette. C’est génial, non ? Permettez ! Je m’autocongratule, cela fait du bien.

Alors, le choix du titre de mon tableau peut venir à tout moment. Par exemple, je peux parfois écrire le titre dans mon carnet (à spirale )  et concevoir le tableau des mois après, ou totalement le contraire, finaliser une toile et trouver son titre plus tardivement. Mais ma règle est là « toujours un titre de musique ».

 

Après il faut être honnête, bien que j’écoute également du classique, je peux difficilement appeler un tableau « concerto pour piano », Fugue en Ré mineur. Je me cantonne à un registre contemporain qui colle mieux avec mon style graphique.

 

Tout cela pour vous dire, que la musique a une influence considérable dans ma vie, et qu’il peut être intéressant pour vous, de creuser et de trouver le compositeur correspondant. Vous êtes prévenus, vous risquez de devoir vous accrocher, je sors parfois de mon chapeau des œuvres un peu (totalement) barrées. Mais c’est mon royaume, « My kingdom » en fait…

 

V.P.